mardi 8 novembre 2011

étourneaux tourtereaux

murmuration of starlings

la veille on avait jupiter dans face
tu m'as appris qu'y avait pas juste la grande ourse pis la petite ourse
que l'autre mini-ourse c'était pas la mini-ourse, mais des pléiades
pléiade
ça sonne vaste
ça sonne toi

et aujourd'hui
j'apprends le mot murmuration et j'entends ton visage dedans
tu sais, y a tous ces oiseaux qui veulent être vu filants dans nos yeux
y a tous ces oiseaux qui valsent en constellations
y a pas juste des lumières mortes dans le ciel
mon am mon am mon amour
y a des murmurations dans ce ciel qui est nôtre
celui qu'on sait pas encore trop où pis comment aller le fixer
tu sais, peut-être au dessus de l'Îles-aux-Coudres


lundi 31 octobre 2011

isis crisis

il les a toutes offertes, les cinq;
saint homme

mon ventre m'étripe d'aller me coucher d'arrêter d'arrêter de manger
des larmes qui peuvent pas se pleurer parce qu'elles ont déjà été coulées y a deux mois

l'impression que dieu m'a surestimée
j'ai le vieux cobain qui me remonte tout croche dans l'adolescence en retard
i'm only happy when i'm sad
pis quand t'as grandi c'est comme
i'm only sad when i'm happy
pis c'est comme pas mieux
retour à la case fucking départ

tsé quand tu devrais pas écrire
parce que tu fais juste râler tes vômillures de caprices d'impatience d'égoïsme pis d'malamour
mais qu'il y a comme une jouissance sale à pas prier pis à te décrasser la chialure
ostifie qu'ostifie

une vocation

jeudi 27 octobre 2011

j'ai le compostelle incertain mais c'est pas certain

mon père joue aux photos


on fait quoi des à l'envers dans le trou des yeux
d'un petit frère qui dit: on est vendredi demain
d'une petite voix qui dit: on est pas dimanche demain
on est pas dimanche demain
je ne te verrai pas demain

je fais l'attente en mille temps un mouvement
je fabricole des mots que j'invente pour toi en attendant en attendant d'être patiente
hier tout le temps je t'aurais sacré un bec sur la gueule
j'aurais déposé une gifle sur ta joue

ton listz et son piano amoureux nocturne
mon moi dans le bleu de la doudou aimant le jour
où tu pianotes ton mac ton école ta vie sans moi
devant moi
qui t'observe
être-toi devant moi-sans-toi

d'après moi le temps s'est oublié
j'sais pas
j'ai les autres en mal
les kilomètres en trop
d'après moi il y a la lumière d'avant moi
qui part d'en haut te traverse et me transperce

même mon manque est troué
mais le perforé a l'air d'un fleuri
quand tu passes tes doigts dans mes cheveux
quand tu chantes plus beau que les autres les mots de Dieu les plus beaux 
t'es beau

mercredi 19 octobre 2011

engeôlière

la prochaine fois je ferai un film sur toi
photo oct. 2011 / mon fleuve mon mien
amereureuse
amouraillée
amitiraillant
jaimj'ames

___


patience
patience
patience
un truck pis encore
patience
patience
un shitload pis d'autre
patience

pis peut-être
PEUT-ÊTRE
avec tous les "P" et les accents en chapeau du monde
PEUT-ÊTRE
que ça va finir par aboutir
dans une chapelle pleine d'amis chéris
dans deux poitrines qui s'explosent une dedans l'autre
dans je sais pas
dans un toujours de dans mes rêves
dans peut-être, Noémie, peut-être

dimanche 16 octobre 2011

Morena

oldchum
7h30, dimanche matin, c'est la petite madame qui louche qui boite qui parle toute seule qui m'ouvre la poste du presbytère. La clé semble peser plus lourd qu'elle au complet.

J'entre dans l'antre des murs vert hôpital et lilas. Ça sent le vieux l'humidité les produits nettoyants. Les bottes de pluie de ma mère, vraiment mais vraiment trop grandes pour moi, scouichent sur le plancher luisant.

J'emprunte le couloir dont les fenêtres donnent sur les ruines de l'ancien couvent. Il mène à l'église. L'organiste répète les morceaux qu'il jouera à la messe de 10h00. Il s'appelle monsieur Girard, mais je ne sais pas pourquoi je le sais. Lui, il ignore ma présence. Il arrête sec, il se force pas, il garoche les notes presqu'avec violence. Je l'entends maugréer contre son orgue. Ville patente... maudite affaire... restaurer... pas si cher... fait pitié... comment je suis supposé... maudite affaire... maudite affaire...

Les lumières sont éteintes, il y a seulement le vitrail qui sait qu'on est le matin. 

Je sors voir si la pluie a cessé, si je peux me déchausser de ce caoutchouc trop lourd. Et les carillons s'éveillent! À la grande indifférence des gens du quartier. Moi je fige, j'ai la colonne barrée par ce chant percutant. Les carillons! Bon matin. Finalement, il pleut encore.

Je retourne au presbytère, par le couloir de ruines, toujours. Je regarde pas par les fenêtres, le gros trou les pelles mécaniques les tiges de fer, ça me donne mal dans le creux. Je m'assois sur la chaise coussinée en cuirette orange. J'attends frère Michel. Je sais que derrière cette porte sérieuse, il y a un petit lit pour la sieste de monsieur le curé. Je sais que derrière ces autres fenêtres, il y a du chocolat au lait dans le premier tiroir du secrétaire. Je sais que dans le pot de fromage cottage, dans la bibliothèque, il y a les clés du sous-sol de l'église. 

Et je sais que sous la jaquette blanche du prêtre tout mouillé qui me salue du bout du corridor, il y a un homme que j'aime et qui m'aime. Il est 8h00 et j'ai jamais autant aimé la cuirette orange, les murs verts et l'orgue rouillé.




lundi 3 octobre 2011

à l'heure de pluie

oldchum

creuser dans les reste d'été
pour finir par trouver dégotter dénicher
un restant de boutte de chaud
moulé dans une paire de bras
qui vient avec un torse recto-verso
pas trop de queue
juste vraiment un boutte de restant chaud

pour passer l'hiver

à couvert
din couvertes

enlacés mêlés nichés
dans l'indénichable légèreté de l'être
dans l'indéniable closure de nos yeux
pis l'increyable amanchure de nos deux


samedi 24 septembre 2011

brad of july



So, this is the story of the cheeky little soldier (me) and the drunkest pirate on earth (brad). It can not be written in French. And my English sucks. That's about it.

I just came in this bar I've never been. I directly went to the bar, uncomfortable, with this friend that is not my friend. He offered me a beer and left on the dancefloor.
The man drinking just beside told me: "I think Flamenco is the most beautiful dance.  It's like watching fire." I laughed. I loved him already. He thought I was cute. He asked my name, didn't understand it at all, and told me he was Brad, you know, just like Angelina's one. I laughed again. He had one of the most adorable accent I've ever heard; He was from New Zealand.

We talked for hours.
The "friend" I came with left on his Harley.

Brad: I feel like the oldest man in this bar. A dinosaur...
Me: A dinosaur! Come on!
Brad: Oh wow, say it again.
Me: A dinosaur?!
Brad: Your accent is charming.
Me: You know Brad, you will not sleep with me unless you marry me.
Brad: You are so attractive with these words in your mouth.
Me: I was sure marriage was repulsive for men.
Brad: You are unreachable. I would live on a farm with you.

And I laughed.

I did my gentleman, because he was to drunk to play the role, and I walked him home. He asked me why I walked all this way if I was not going to have sex with him. "Do you think I'm cute ?" Of course, Brad. Smoke in the dark. Enjoy, because I will be gone soon.

Kissed him on the cheek good night. And no, I will not sleep on the couch, even if your cat is the nicest, my brave Brad. I pray for you desperate pirate I love.

dimanche 18 septembre 2011

andpdfedse

je passe mon temps à mourir tout le temps
ça faque
pour passer l'temps
j'moure pas trop longtemps

jeudi 15 septembre 2011

A


oldchum


se faire aimer, c'est devenir indigne

à cause de james

oldchum
j'ai commencé à avoir peur de mourir à 19 ans hier tantôt
des Je vous salue Marie sur des perles de bois qui ne m'appartiennent pas
pour calmer le venin dans mon bras gauche
    la coulée qui durcit ma poitrine
                                              mon respire
    les lances dans les deux coins sous le ventre

*

mardi 16 août 2011

Louis-Joseph

la bible de grand-papa   -by me
j'ai mal 
dans le ventre
de mon grand-père louis

grand-papa
merci de me l'avoir appris
le Notre Père

merci
qu'à chaque été
les premiers bleuets 
goûtent toi

et excuse-moi d'être née trop tard, 
d'avoir été trop jeune pour ton âge précieux,
et excuse-toi d'être mort pas assez vieux

fais-moi rire
met-mon doigt entre tes gencives sans dentier
fais-moi peur
agace-moi jusqu'à ce que j'en crève

et merci encore pour hier
dans ta Bible
d'avoir souligné ces passages qui m'ont sauvé la peau

les voisins d'en bas

lauren hussong

Il beuglait: AIME-MOI ! AIME-MOI ! AIME-MOI ! SERRE-MOI DANS TES BRAS ! A'OUEILLE ! »
Et elle de hurler : NOOOOOOOON !

Et des sanglots, un bref silence.

Puis, coup sourd. Le mur tremble un peu.
Et un cri de désespoir étouffé, provenant d'une gorge visiblement étranglée par les mains du mal-aimé.

Je suis figée, oreille contre mon plancher.
« Laisse-la, laisse-la respirer, je t'en supplie, arrête, arrête... »

Enfin, les poumons de la femme s'emplissent bruyamment.

Mes mains composent un 911 vraiment pas sûr de lui. Ma voix vraiment pas sûre d'elle rapporte quelque chose de vraiment pas clair du tout. Et je reprends mon poste, la joue collée au parquet. Surtout, bouger sans que mon plancher craque. Que personne ne sache que je suis éveillée.

Des mains contre des joues montent jusqu'à moi, je perçois des pleurs de panique, le mur tremble encore. J'imagine le corps de la femme projeté d'un bord et de l'autre de la chambre, je ne pourrai pas tenir longtemps. Dépêchez-vous, bâtard ! Le bois franc se mouille, je pleure, je tremble.

Des grands coups. Ça y est, il va la tuer.
« POLICE ! OUVREZ IMMÉDIATEMENT ! »
Des grands coups dans mon estomac.

Je n'entends plus rien.

Quelques voix d'hommes.

Les gyrophares quittent la rue.

Ils ont laissé l'homme dans la chambre sous la mienne, ils ont emmené la femme au cou probablement bleu foncé. Lui, il semble détruire l'appartement au complet. Après une heure, il quitte. Où va-t-il ?

Moi je ne dors pas.
Je ne dormirai pas.

Et à l'aube, je dévale les trois étages, je dépose deux médailles de la vierge dans la boîte au lettres de l'appartement huit et je sacre mon camp du bloc pour la journée.

mercredi 10 août 2011

comment va bill ?

oldchum
you should have been THERE
où vas-tu mon âme
quand je te chasse dehors ?
où te terres-tu
quand je fais ces choses hors de moi ?
où erres-tu
en attendant que je te supplie à genoux de revenir m'habiter ?

es-tu juste-là, à côté de moi, désolée de voir ma bouche s'ouvrir et cracher le venin du vide ?
me frôles-tu, espérant que je te saisisse, entre deux rires entre deux blasphèmes ?
danses-tu tristement, au son de mes gestes funèbres, vigoureux et attirants ?
es-tu aussi belle sans mon corps ? l'es-tu davantage...

jeudi 4 août 2011

jonathan

concourir comme une conne droit vers ce qui fait mal
foncer pointu sur ce qui fesse
beugler au meurtre foutu meurtre

mardi 2 août 2011

joséphine et tous les autres

the end -jay caroll

ta voix bâtie d'écho
au contact de la vastitude
   écho contre écho
s'amplifie sans s'éteindre
le branchage de ta gorge se casse et rompt mes oreilles

autochtone
géant
à la parole de lichen
rase-nous de ta terre je t'en conjure

samedi 23 juillet 2011

perle

et il m'a dit:

je te donnerai du lustre, mais attention ma perlée, attention !
n'éclabousse pas à tous vents ta splendeur
prends bien garde aux mains innocentes mais gercées qui essaieront de t'égratigner.

brille, puis faufile-toi
entre leurs doigts
ne laisse pas même un cheveu
comme un souvenir vague d'un rêve d'un ange

ce serait te donner
que de t'abandonner à eux
garde-toi précieusement, ma perle chérie
si tu savais ta valeur!
tu vaux ce que tu es,
sois-le!

ne te laisse pas charmer par les galets
oui, ils sont beaux et droits;
je les ai fait
mais par trop de compassion
tu terniras comme eux
et ma vague ne t'emportera plus le temps venu

c'est promesse faite:
je te donnerai tout l'éclat de la flore
toute la douceur des ailés
et on te désirera sans fin
tu n'as qu'à demeurer toute petite
telle que je t'ai faite
aimable
blanche

ta place t'attend déjà dans ce bijou céleste,
ma petite perle précieuse tant aimée...

mercredi 13 juillet 2011

fleet

ton nom qui se dit d'un trait
le même trait que l'on boit d'un trait
et le même trait avec lequel on raye quelqu'un de sa vie
ton non qui s'est entendu d'un trait

mercredi 29 juin 2011

c'est pas si pire finalement

magazine 43


à la chapelle il y a une sculpture en bois de la sainte vierge
bien simple
bien belle
elle a les pieds rouges
une femme les a embrassés
ils sont rosis de rouge à lèvres
si c'est pas de la prière ça

à la fruiterie il y a un comptoir réfrigéré pour les fromage et le yaourt
bien ordinaire
bien bien ordinaire
il y a un déficient intellectuel qui place les fruits dans les étalages quatre jours semaine
(je l'aime)
et il cache son tupperware avec son sandwich dedans derrière les fromages dans le comptoir réfrigéré
si c'est pas fondant ça

sans faire essiprès

je niaise pas

c'était accidentel, vraiment
j'avais pas prévu tout prévoir
jusqu'à la lune de miel
jusqu'au moindre gîte
  saison inventée
  odeurs imaginées
  j'ai même entendu la balançoire et le couchant craquer

j'ai pas voulu tout fabuler
jusqu'à sous la couette
jusqu'à la peau goûtée
  timidité neuve
  faussettes sacrées
  pis quoi encore
se découvrir! ah...

juré que c'est par inadvertance
que j'ai inventé des moments du jour
  des lunes des soleils
  des grappes de fleurs nouvelles
  des nappes, des dentelles, des rideaux, des chants d'oiseaux auxquels on a jamais pensé

ça s'est fait tout seul
j'étais juste là, alitée à lire mon livre sans le lire
quand j'ai réalisé que j'avais du petrichor dans le nez, partout
oups, j'étais belle et bien      loin
dans le temps, dans le millage

nous étions ensemble,
vétérans des doutes,
des vrais faisceaux amoureux
batêche que c'était simple

dimanche 26 juin 2011

mouroir mille

chez hibou
noémieb
prisionnière de mes départs
muette et paralysée par le défilement sous moi de ce que j'aime hors de moi
que faire de la violence du désir de m'ancrer là, juste là, dans la nuit mouillée de ma terre?
que faire de la radicalité de ma soif d'immobilité, ici, juste ici, campée dans mes racines de mer?

je t'aime de tout mon soul, de tout mon long, j'ignore comment m'épandre plus large
il me semble déjà avoir avalé notre saint-laurent dix fois en caresses et en accolades d'à-dieu
ô fleuve qui me ceind le souffle

t'aurais pu viser plus bas, ma panse, mes couilles, pas mon coeur.
que dis-je, fais-je résistance?
OUI MAIS SEIGNEUR
je suis même plus des lambeaux`; des grumeaux

j'ai le motton au coton

moi, ton tout petit flot de mer, barouetté et fracassé,
de tous mes bords dans ton côté

que veux-tu, c'est ça la poésie
triste-enragée
de la 20 vers Montréal
des maudits cônes, des panneaux, jamais d'orignaux
Dieu, Bête lumineuse plus lumineuse par ton absence
même pas de panneau pour toi
allume-moi donc
je suis sciée, là
je ne peux rien faire
je soupire tu assez fort pour t'émouvoir?
je peux faire mieux Dieu
mon arrogance...
mon arrogance...
pourquoi ce qui me complète m'est interdit? voilà c'est dit.
c'est dur Seigneur.
aide-moi d'amour.
svp

juin

un soleil se couche les autres se lèvent
noémieb
22 juin 2011

matin de semaine au gingembre
au coeur ensoleillé d'un nouveau quartier
les gens sont les mêmes
  mêmes ancrages
  mêmes ombres
  sous le même soleil
  saouls pareil

il faut arrêter de penser que nous ne sommes pas un produit du passé;
un fruit sans arbre!
voyons!
franchement!

il y a plus de grâce dans cet homme sale à genoux dans son jardin
dans son entêtement
que dans toutes les soies tous les cuirs
de ces robes de ces sandales de ces dames

il y a plus d'amour en moi qui l'observe
en attendant
que dans toutes ces dames
grand grand désarroi

dimanche 19 juin 2011

dimanche du mois de mai

saint-joseph
au couvent des dominicains de québec
- noémie b

Écrit au SoupeSoup, lors d'un dimanche-soleil.
__

Il fait beau la beauté!
«Dominicalement vôtre», qu'elle me dit en s'inclinant
sur le front d'un enfant boudant joli devant l'interdit de se déchausser.
 
Ah qu'il fait beau ta beauté belle beauté!
Sans soleil sans pluie
pas de ces futileries, mais plutôt
ce petit rire coquin devant les 'concucsion',
les grands trous de garnotte se remplissant de joie de gamins à la sandale légère,
le feutré de l'air et les cloches de l'église dont je dois m'abstenir encore un peu.

Une ode à la plus belle ode 
amenez le pain le vin la soupe
et joie!
célébrons la belle beauté calme et droite comme celui que j'aime.

mardi 17 mai 2011

le ver et le fruit et le sillage et

j'ai la peur de l'oiseau aveugle
qui n'ose nager, n'ose chanter
é pou van tée
c't'é pou vent able
craignant la cognerie      l'unique coup-de-vent qui m'éplumerait
d'un-coup-sec      d'un-coup-nue   sans toi

donc
je fais la nue-noyée qui flotte
dériiiiiiiiiive
l'air bien, l'air de ne pas respirer
mais tellement essoufflée     palpitée      tellement-pas-morte

ton silence
amour

tu m'empétrine     me piétine     pétrin souriant

jeudi 5 mai 2011

rêve soyeux du sommeil de ce matin

oldchum
l'église était pleine de ceux qu'on voulait
t'étais en gris et noir et moi en noir
on célébrait le deuil de nous séparés
vierges pour la naissance de nous unis

je pense que maman pleurait cachée
j'étais excitée, toute mêlée,
toi calme, droit, certain
nos trois amis en blanc m'émouvait autant que toi à genoux
je le jure

les draps bénis
la sainte hostie
frère michel
le velour sous les anneaux
oui, le vouloir
et nous pouvions s'embrasser les mariés

mes yeux te pleurent dessus
on a les même maintenant
je t'appartiens
je suis mon don le plus total
je ne t'ai pas préparé de poème et tant pis pour le buffet
on fait des enfants

mercredi 13 avril 2011

brassard

quand je me parle toute seule
je m'appelle
ma grande
pour t'avoir en écho
papa

ton portrait décolle du mur
ton portrait prend vie dans mon miroir
on vieillit papa

samedi 9 avril 2011

ressoudre

soudure en voiture
c'était pas une bonne idée
de recommencer à t'avoir dans l'idée
tu manques au jour t'as pas idée
t'es fixe fixe idée fixe

fumions sous le soleil
la chaleur soudait un nous
er'sou donc

viens
viens ici s'il te plaît
que nos coeurs se connaissent enfin de près
qu'ils se rosissent et se cachent un peu l'un derrière l'autre
en jouant au un
puis se découvrent et fondent
un
silences rassasiés sans savoir
viens donc
qu'on se laisse fumer qu'on se laisse souder

j'ai du mal à lacer mes idées
mon imagination sans laisse et moi sans fouet pour la ramener
tout mon frivole s'envole vers toi bien haut

difficile des fois

microplexes - urbagram

montréal grand comme ma main
qui serre mon poing
pis qui j'te garoche tellement loin
loin comme tu m'éloignes des miens
mes semblables
montréal trou du fin fond tu trou du bout
du mange-moi pas tout rond
tu m'éloignes d'eux
pis pire
tu m'éloignes d'où je nais vraiment
je n'es vraiment pas ici
aide-moi montréal aide-toi
svp svp

dieu !
orfèvre de mon âme
aimer ma solitude
forge moi creux loin
loin loin comme moi pis moi
pis creux creux comme montréal
pis bientôt moi
svp svp svp
sauve-moi

vendredi 8 avril 2011

mon innocence

brandon pavan
mon innocence
où t'ai-je échappée
j'ai fouillé l'entier gazon
soulevé la courte-pointe
secoué le jaune la valise et le violet
où as-tu glissé

bague en faisceau à mon doigt
boucles offertes
un cou serré noir brillant
où t'es-tu sauvée
mon innocence

et ce toupet qui a quitté mon front sans les ailes sans mon oui
et ce plomb qui s'est échappé de mon crayon et les cartes 52 ramasse
et ces draps par terre
tonka et balançoires été et automne
mon innocence
en champignon précieux perdu perdu

lundi 4 avril 2011

au gré du pouls

The bathing girl - Leon Spilliaert

ton nid creux comme un cou
chaud comme un doux
collée dans ton encolure
mes ailes crépitent calmes
sous ton oreille ma cabane
petit duvet pour mon bec
tout blond pour mes yeux clos
je crépite pit pit
image tirée du film Félix Leclerc troubadour / l'homme dans son bureau


il me reste un rêve de terre
une seule petite chimère de poussière

un atelier
un fond de grenier
pour m'illuminer
murs isolés de création
poèmes et fenêtres
livres et papeterie
vues et vue
un crucifix bien sûr et tous les tableaux tous les brouillons
les découpures classées et des aurores accumulées

il ne me reste qu'un souhait pour ici bas

des chandelles qui ne sentent rien sauf l'allumette soufflée
une interdiction d'entrer
des vocalises, beaucoup de raté raturé
du bois touché
de la prière non sans larmes

je veux un atelier
isolé
un bout de fond de pays quelque part
qui sert à être et à arrêter de ne pas croire

un jour

dimanche 3 avril 2011

doudou

Allyson Mellberg


un mouvement qui m’émeut
pourquoi?
ta face vieille comme moi
je te connais depuis la couette blanche
et la tapisserie ribambelle de mon aylmer
imbibée de mes premiers heurts
ta peluche a tout vu
ce soir je te serre fort fort
je veux respirer de toi mon air d’enfance
je te l’ai confié
où est-il dans ton fleuri?
coutures recousues, étiquette coupée, ponpon arraché
t’es un vétéran mon doudou
t’es à pleurer avec ta gueule de pirate 
rose
je t’ai usé de nuits
au jour d’aujourd’hui
t’as jamais été aussi vieux et laid
c’est fou comme on se ressemble 

jeudi 24 mars 2011

les autres

Raul Oprea - Saddo 02
Comment peux-tu dire à ton frère : «Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil», toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.   -- Saint-Luc 6, 39-42

vos regards plein de paille
foutent le feu aux flammes
j'ai la poutre aux yeux

mercredi 16 mars 2011

Paysannages

Y a pas de plus beau gris que le tien
québec
tu es ta plus fidèle ode
québec

Je ne sais plus qui s'enracine au creux de qui
pays et moi

Tu es ma plus mienne chaumière
mon plus intime bord du fleuve bord du feu
québec la coquille sur mon sac

Tu es le plus sublime des mariages
l'érable à la robe de neige
à la traîne de vent fort
aux pas de givre glacés dur
québec oui je le veux!

Veuve à chaque fois que tu me laisses te quitter
Retiens-moi donc parfois

samedi 12 mars 2011

terreux

klimt - les trois âges de la femme


j'en fais un plat
une soupe de papier             tes mots
d'amour
je t'aime

les bourdons engoudron mon thorax
je t'avalerais tu les calmerais
tu n'existerais pas
ailleurs que dans moi                  je te contiendrai

t'interférences       tout       tu tannes
tannant!
tu m'in confort e

plus je me suis
moi
plus je te suis
toi
           et moi

jeudi 10 mars 2011

slocheux

le mc donald des plus jamais
plus jamais de mc donald
une dernière mark ten
la moindre mais pas la dernière

c'est dérangeant la vitesse avec laquelle tu avances sur la glace de trottoir
et les bras pleins tu chantes
je mâche mon cigare gare à nous tu me fâches

dimanche 6 mars 2011

émotions en nuages d'émotions

oldchum
la poitrine gadoue
et obliques sourcils
je souris et le motton me dépasse la gorge 
pis j'avale ma tête au complet pour pas larmer

bye bye je bouche ma boue
sinon je serais un si qui bouffe pas les rais
je serais une flaque dans le hall
et ma famille qui repart sans fille

bon voyage
soyez prudents
pis toute
pis toute
pis aouch dans l'ascenseur le coeur resté bas creux
le coeur en tartare quelque part

le frigo plein de leur passage
l'odeur pleine d'eux partis
ils ont étiré mon nid
et je le trouve tout grand et seul dans la grande ville

on fait quoi sans maman sans papa sans alex pis sans soi
comme si ma peine contenue dans mes joues
ne voulait pas fleuver entre mes cils
comme si j'avais oublié ne de pas oublier
ils sont partis et moi pas


jeudi 3 mars 2011

montréal matin

old-chum
montréal matin
le dimanche seulement
tu te réveilles
tu te fais un café
tu le bois
pour mieux te recoucher

t'es belle montréal matin
vide et propre

les rares voitures qui passent sur la pointe des pieds
ne sont pas celles des réveillés
mais des pas couchés de la veille

montréal dimanche matin t'es juste à moi pis je t'aime demême

vendredi 21 janvier 2011

boréale


Tout cet amour qu'il me manque
de ne pas m'aimer

Ma solitude se terre de moi
loin
à deux ou trois pieds de moi
plus trois ou quatre pouces
et facilement cinq corps encore

Ce soir je sais qu'il y a des hirondelles
aux queues carrées
que la bête lumineuse
rend homme les hommes

Moi et mon âme
le lièvre et son pelage

Mon épinette de volonté sèche
se consume
et me meurt en poussière
sans même m'étinceler
un peu

Il n'y a pas de bouleaux la nuit

Ma solitude
peut-être te trouverai-je
sous les racines de sous le ciel
ici

jeudi 13 janvier 2011

janvières poésies



janvier nu, tu me petites
janvier, essaie!
neiges donc sur ton sentier de neige

hiver de frayeur tout sec tout saignant
l’arrogance de ton herbe me gadoue
où es-tu blanc transperçant ?

L'amour, la guerre, c'toutes des questions trop grandes pour moé.

Zachary Rossman


Nos ravins de bouches
des baisers en tranchées
caresses mitraillées

Tu me dépèces doucement
   ennemi involontaire
on se susurre nos plus belles abominations

Tu me pénètres canon
canon je t'englobe

C'est la fusion totale de nos séparations en collision
notre sillon de fossé se creuse
à notre explosion

Ta respiration siffle en balles

Ce que je t'ai offert ne m'appartient pas
c'est la guerre
   c'est la guerre
nos cadavres me font pitié à me tuer

Je brandis le drapeau sanglant
je veux t'aimer

dimanche 12 décembre 2010

fixité


les chaumières s'emballent
et s'enfument pour noël
les arbres en archets givrés
les toits écrémés
tes bottes mal lacées

ils ont réparé le clocher de ce qui reste de l'église
j'ai eu peur quand j'ai vu la grue rôder près de la croix

j'aimerais un coup de grâce
un petit verglas qui reluirait mon âme
j'aimerais être belle
emballée enfumée
pour noël

vendredi 26 novembre 2010

à irène

irène - l'Acadie, l'Acadie ?!? - pierre perrault & michel brault
je suis une acadie à qui on arrache les mots comme au boeuf sa peau

la saignée du phare sans fleuve
la rocaille d'une berge sans navire

je suis un québec dépouillé
rasé de force

ma langue est d'abord un citoyen de mon corps
et c'est par elle qu'on me vide à grand flots

les marées d'amertume

pauvre irène...

mardi 23 novembre 2010

johey johey

j'aimerais que tu n'aies jamais tué personne
j'aimerais qu'on n'ait jamais partagé nos nuits
j'aimerais ne pas savoir ce que tu goûtes
j'aimerais que tu sois heureux
j'aimerais vraiment que tu n'aies jamais tué personne

mardi 16 novembre 2010

kaël aube

anouk aimée - un homme et une femme - claude lelouch
je ne veux pas avoir de peine de toi
tes grands torrents de petits amours
m'effraient

le vacarme de tes chuchotements
nos tresses de rires
mes tremblements dans tes bras trop grands pour moi

je suis tue par la vastitude
je me sens comme cette plaine
que je ne comprends pas
qui me frissonne
qui me déploie en deux temps trois froissements

pareille à l'oiseau qui craint la branche
toutes les branches
j'ai un coeur de merle dans le tien
dans ta poitrine de ciel

j'ai la chienne noire des étoiles
tu me brûles blanc mon amour

lundi 1 novembre 2010

kaël brunante

klimt
on s'aime tant tellement que nos sourires s'enfargent dans nos mots
on s'aime tant tellement que ça nous prend miron pour se le dire
des fois

mon corps comme des vallées de neiges
dévalées par tes dévorantes immaculées mains

je te découvre au bout de mon haleine
visage de matin, yeux de foin

les façons que tu me donnes,
les mots que tu me colles,
me rendent si belle
que je tombe amoureuse même de moi

mon corps poli par tes caresses
petit galet luisant de tes vagues de tendresse
de tes tsunamis d'embrassades

dimanche 17 octobre 2010

kaël

franchir le pas de la porte,
sentir nos deux odeurs valser jusqu'à mon coeur,
toutes les nébuleuses sous mes paupières,
embrumée
les joues comme l'automne qui rougit
l'automne comme moi qui se dévêtit

vendredi 15 octobre 2010

la pluie pleut



comme le premier sourire après les larmes,
montréal respire entre deux vagues,
entre deux torrents.

il aura beau pleuvoir,
c'est sale,
salement beau, tellement c'est sale.

la poitrine en feu
d'une envie de consoler plus grande que moi,
tous ces plus grands que moi.

mes cratères ont l'air de vallées,
les leur ont des odeurs d'infini,
mouillés.

mon corps est une étreinte,
condamnée à s'éteindre elle-même
et à se serrer fort à s'étouffer.

comme on trébuche en amour,
je saute poings serrés dans la flaque,
tiens, montréal !

dimanche 18 juillet 2010

cormoran

Ton duvet blond, blanc, blond, blé, beau.
Ta nuque caramel,
Tes doigts qui s'entrelacent
     les miens qui s'y tresseraient

Mes cuisses laiteuses, timides, sous une robe colorée,
    est-ce moi?
Des chansons d'antan surprennent ma gorge,
    est-ce moi?
Mes mains salies, les ongles pleins de terre,
Avoir quatre ans et demie goûte bon dans mes oreilles.




J'aime quand tu me montre les choses.
Quand tu me pointes doucement un détail que j'ai pourtant déjà remaqué mille et trois fois.
Mais quand c'est ta main sur mon épaule qui me le présente, qui me l'offre,
c'est comme si tu m'offrais un de tes deux yeux.
J'entrevois ce que c'est d'être toi;
De voir les choses en toi. Par toi.

Je suis émue, j'ai le coeur mouillé,
les joues détrempées de rosée et je serre les poings:
      «que ce moment dure. mon Dieu, que ce moment ne cesse jamais»
Je deviens toute émotionnée.
Les bleus sur mon âme fleurissent et j'accroche un bouquet à ma chemisière.
       Je ne serai jamais aussi belle que si c'est toi qui me regarde.



J'ai la petite phrase qui tue qui s'estampe sur mes lèvre à tout bout de champ,
champ de lilas, champ de maïs, champ de bataille, va savoir, mais au bout de tout ça:
toujours la même envie de fermer les yeux et de ne plus entendre les sanglots du papier qui se froisse,
mais les alléluias de deux coeurs qui s'accordent en clé de fa.
je m'emballe comme une vieille s'emmitoufle en hiver,
j'ai des désirs de me déballer comme un chêne en automne.

Ton silence est encore plus mélodieux que la caresse du fleuve sur la coque.
J'imagine que ces mots que je ne te dis pas valent la peine d'être dégustés,
de fondre sur la langue, de laisser un soupçon d'hydromel sur l'ourlet de mes lèvres,
ahhh...

Dans tes yeux il y a bien plus que la mer.
Il y a tous ces cormorans, il y a tous leur chants.
Il y a ce lever de lune qui n'existe qu'une seule et éternelle fois; dans ton regard seulement.
Il y a ce soleil rouge qui fait des nuages dorés sa soie, sa douce soie du soir.
Tes yeux c'est aussi tous ces naufrages et toutes les larmes des femmes qui auront pleuré d'amour.
Sous tes paupières un fond marin; inconnu, cruellement beau, sublime par sa profondeur.
L'oeil de Dieu dans le tien. Je le sais. Je le vois. À lui, je peux lui dire. Je peux lui dire:
je t'aime.
je t'aime.