jeudi 4 février 2010

Johey (frais virés)


ok,
ça m'fait mal, ok?
c'est dit, christ.
ça m'fait mal en chien.
en chien plein d'fusils qui m'mitraille les tripes
si tu veux savoir.
pis oui, 
c'est chien, si tu veux savoir!
c'est chien parce qu'un chien ça a les crocs gros comme ça,
pis que christ, t'as tu vu la grosseur des miens?
j'ai tu l'air équipée pour me battre tabarnac?
r'gardes pas mes fesses, mes bras c'est plus haut,
check donc si ils sont 'tight' eux autres avec!
ouain, pas ben gros les bras d'la chienne, enh?
là, écoutes moi bien mon gros chien sale, 
(non, non, j'pense pas c'que j'viens d'dire, tu l'sais
mais écoute moi bien pareil)
j'va articuler quand j'va japper:
jt'aime. pis ça, c'est chien longtemps.
awoueille, scram.
SCRAM!

mardi 19 janvier 2010

camélia


drink less
fuck less
smoke less

pray more
eat more
sleep more

Johey (jamais cellule et néons goutèrent si bon)



deux épaves, deux loques,
tentative de rester le cul sur sa chaise à roulette,
séparés par un bureau de plaqué-bois vissé au sol.
des yeux qui se connaissent,
des faces qui se retrouvent.
des sourires qui essaient de se justifier,
des jambes qui se croisent, décroisent,
des orteils qui jouent du piano dans le vide.

ta bouche qui se dessèche,
tes cheveux qui ont grandi,
tes lèvres pleines et solides,
qui font de moi un bouilli tout ramolli.

mes seins libres sous mon pull,
tu les devine.
mes girouettes de jambes,
bas de nylon,
tes mains rugueuses veulent les déchirer,
vas-y,
ils sont tous troués de toute façon,
de toute façon, tu me dois déjà deux boutons, 
pour le chemisier jaune qui y est passé l'autre fois.

tu te lèves,
ferme les stores,
ou presque.
ta chaise roule jusqu'à mes cuisses,
et tu parles.

avec toi c'est facile. c'est comme si j'avais pas de retenue. avec toi c'est différent. avec toi c'est pas pareil.
un baratin que j'ai étrangement entendu souvent ces temps-ci,
mais qui pour une fois sonne pas cacanne,
sonne pas édulcoré, sonne pas poutine BBQ.
pour un fois sonne bien.
fond du baril, fond de tonneau, oui.
mais bien.

tu me demande pourquoi je me suis habillée comme ça.
j'te réponds pas grand chose, une niaiserie comme quoi j'sais pas trop.
dans moi, ça bouille tellement fort que j'exploserais.
tu le sais.
tu le sais parce que tu commence une phrase.
j'comprends rien. j'te dis de répéter.
tu me dis que tu devrais pas être en train de me dire ça.
j'te dis ta gueule deux ou trois fois et t'ordonne de finir ta phrase,
tes joues se plaquent de rouge,
tu regardes par terre,
j'arrête de te fixer, ça va aider,
tu me dis après un grand respire:
j'ai envie de te serrer fort dans mes bras
tu m'avais dit ça.
tu m'avais jamais prise dans tes bras.
pis l'effort que ça t'a pris d'le formuler,
ça dit en dit encore plus long que la phrase elle-même.
tu m'as pas dit que j'étais bandante, que tu voulais me défoncer,
tu m'as pas dit que tu voulais que j'te suce, que non.

on appelle ça un point pivot.
pas un 360, mais un 100 000 degrés.
glace noire,
deux survivants.
toi pis moi.
qui peuvent peut-être être reliés maintenant.
du moins, dans la même phrase.
dans la même cellule.
pour deux petites heures sous les néons.

finalement on s'est serrés.
pis l'gros non-dit:
je t'aime.

lundi 18 janvier 2010

Tonello mort né



Pour une fois, c'est pas le cendrier-mobile qui m'a ramenée chez moi aux petites heures.
Mes jambes. Mes bottes d'amérindienne achetées en rabais qui me reconduisent à la maison.
Home sweet home.
Faisait froid, oui. Mais j'étais pas pressée.
Y avait les franges de mes bottillons qui claquaient, qui savaient pas trop où se mettre.
Pis moi, ben j'me sentait mal d'me sentir bien.

La nuit était orange.
Agent orange.
Orange feu.

J'avais la tête en boisson gazeuse,
pétillante, mais pas engourdie par la vodka.
Et les seuls mots qui réussissaient à prendre un sens étaient:
légèreté
liberée

Étrangement, moi qui me démenaient à rendre dur comme le roc
un amas de plumes, de brises et d'effleurages.
Effeuillage, oui!
Ça donnait presque envie de rire.
Et de faire claquer les bottines encore plus fort!
Mais y a rien de drôle à l'histoire.

Parce que d'où je viens, un truand pleure.
Parce qu'où je vais, honte, honte et réalité.
Parce que j'me suis jamais débarrassée d'un vide aussi lourd.
Fardeau de fumée.
Tu te convaincs que c'est bon, que le buzz de l'amour va embarquer,
Tu aspires, tu aspires et faut surtout pas d'étouffer,
Tu deviens bleue, tu vois des points noirs,
T'expires pas.
Pis à un moment donné tu vomis.
Tu trouves quelques chose, vite, vite, tu te dérobes.
Tu t'en sors pas trop mal.
La gorge un peu maganée,
Faible comme un foetus, mais heureuse d'être au monde,
Souillée de s'être régurgité dessus,
Mal à l'aise d'avoir dégueulé sur les souliers de tous.
Désolée, vraiment.

Bref,
gros charabia pour résumer une liaison
que même un soap américain trouverait déjà vue.
Bref,
les bottes en rabais, ça donne des ampoules.