samedi 28 janvier 2012

frères

khole
repères svp
sous quel chapeau cacher ma honte
à quelle patère accrocher mon vertige
d'avoir perdu en une minute
toutes mes façons toutes mes manières
d'être de toute manière

perdue dans le portique de moi-même
si j'avais su
que vingt-quatre images secondes me déroberaient ainsi de mon corps
je ne sais pas

toute panique toute peur
diluées de peine et de misère de confessions et de billes de bois
même la neige a changé d'air
pour me faire sentir rien sentir

respire

éteint-on les irruptions
armés d'houblon et de nicotine
non

le volcan d'être
d'ici
et de trouver ça
dans l'absolu
de la folie pure
et difficile

mercredi 25 janvier 2012

hisser haut

khole


Qui a parlé de romance ? Je vous parle de découvrances !


Je vous parle comme Jacques le Colomb et comme un Cartier de Christophe: on aperçoit la terre longtemps avant de s'accoster au rivage. On topographie un pays en s'y risquant le non-retour. Je vous dit que j'ai découvert un pays que je regarde me regarder, autonome et autre. Sous la forme d'un homme, un mouchouânipi, une terre sans arbre, un cap qui appelle la croix sans question déplumer quelqu'autochtone, sans empêcher la résonance de quelque peau tendue. 


Je vous parle du charme d'un continent au contact de la poupe de l'autre. Et devant la rive sauvage hippogriffe, je m'incline bas, bien bas, très bas. À ras le sol, l'oeil en coin bien accosté, j'attends un frémissement de plumes, de feuilles; c'est la terre d'accueil qui est chez elle. Le colon n'a droit qu'au regard et c'est justement là qu'on se connaît depuis toujours. Sans langue ni chair.






Matin d'été en plein janvier, quel beau jour pour nommer le nouveau monde voisin. Terre neuve d'amitié, je t'envoie en défriche tous les oiseaux patenteux du Québec: c'est ma myrrhe, mon encens. Et comme or,  tu m'offriras le calumet de tes pères grands ducs de tes amériques toutes secrètes. Épargnons-nous la fausse route de la soie et des épices. Fondons-nous, calcaires, dans les sédiments de nos pelotes de racines encore à tricoter. 


Oh, mais ! Nous ! Qu'entendons-nous ? Nous ! Vigie ! Déjà ? Nous en vue ! Nous en vue ! Déjà. Toujours déjà...

lundi 16 janvier 2012

déplier natal

appareil jetable moi

on défait des valises en pleurant
fait plusieurs nuits qu'on est revenu pourtant
et pourtant

on déroule le linge lentement
peut pas s'empêcher de se mettre le nez dedans
ça sent maman

samedi 14 janvier 2012

frère Marcel ou De courte-pointe à monolithe

andreï rublev
the redeemer
nuit de janvier
le calme et la paix se font graves
aucune frivolité aucun détail, ni même de fantaisie ou de charme
la tête froide dans mon hiver
cette nuit c'est clair
la voie est droite dure droite pleine droite longue et droite

le voeu de la pureté
six mois une année
cheminer vers la virginité
ma promesse scellée du cordon quinze fois noué
soutenue par la milice
estampée par la médaille
   j'ai juré de chercher la vérité

vérité
à son nom je m'abandonnerai
uniquement d'elle je me laisserai combler
vers elle seulement seront orientés
   coeur
   affectivité
   sensualité
je renonce à ignorer le renoncement
je commence à purifier le don de moi qui se multipliera un jour
pour le moment maintenant cette nuit
avancer vers l'origine
rapiécer mes richesses prodiguées
m'approprier m'appartenir

partir à ma chasse
   n'être la proie personne
   même des yeux les plus océaniques
   même des mains les plus terreuses
   même des bras les plus vastement épandus pour moi juste pour moi
ils patienteront les élans les caresses les tendresses
c'est un coeur mûr qui rayonne déjà au bout du temps voulu
c'est moi grandie le plus petite possible
prête complète pour l'offrande


vendredi 6 janvier 2012

step one

dans l'août du je savais peut-être pas
j'étais justement en train d'écrire dans ma tête
un énième poème de bonne odeur
« j'ignore de quelle saison t'aimer »
que ça disait

et puis ta guitare
ton piano
mon endormance
mes cheveux dans mes doigts

et le vent change
et la rose des vents fane toute
d'un coup
et les fleurs de tout     mon long aussi
et vlan mes champs et vlan noémie sur le bord du chemin et vlan et vlan et vlan

le poème suinte laite astheure
« comment on se sent de briser un coeur ? »
que ça dit
ah tous les coups de pieds dans tous les bancs de neiges ne feront pas
l'affaire de ma nausée

comment peux-tu rire
comment puis-je t'entendre
comment pourrons-nous s'aimer sans s'aimer
dans le monde des mieux à n'en plus finir
dans le monde de tout sauf nous deux à unir
dans le monde où je ne suis pas à choisir

et j'ai honte
d'être belle, mais pas assez
de m'être déballée, montrée de tous côtés
de n'avoir su que la dernière
qu'il n'y aurait jamais de     notre chaumière
et j'ai honte
pâleté à la pelleté
le tanin d'un rejet prévisible
l'âpreté d'un je l'savais donc
l'insupportabilité du trop lourd
du mais mon dieu je comprends pas

je me sens rebondir de partout contre tout
sans conviction je crache
sans regret je fume
la colère sans la hargne
la gêne sans l'orgueil
la confusion dans l'éparpillement




me le demanderas-tu
en poème
comment je me sens ?


dans la salle d'étude

vas-y
voler de ta belle parlure
de tes belles tournures du dimanche
pour tous les dimanches à venir

l'amertume en brume
celle qu'on peut couper au couteau
ne fait que passer
coup de lame sous la paupière

vas-y
faire silence de ta belle droiture
de tes mains jointes seules et suffisantes
pour toutes les minutes à vivre

la destruction des petites certitudes
celles qui m'étaient immenses comme le ciel
ne font que passer
séismes sous le thorax


allons-y
s'aimer de ce nouveau nous
de ces nouveaux poèmes que je ne veux plus d'offrir
pour le mal           ô le grand bien
                             ô le grand bien


mercredi 4 janvier 2012

charlevoix

la chambre en question
N'avoir que le temps de dire:
J'ai trouvé l'endroit où mourir,
J'ai vu le lieux du futur de mes racines,
J'ai vu mes eaux fondatrices de mes tantôt.

J'y ai mis le pied le temps d'un soupir:
Sur le chemin, des arbres aux épines lourdes, gorgées,
Des épinettes indécentes des neige.
J'ai même frôlé le cul d'un orignial; ses yeux noirs ronds comme les miens; nous nous sommes reflétés des découvrances à n'en plus finir, le temps d'un crissement de pneu; puis la route, la route qui me mène et je me laisse mener.

Maison jaune, vieux phare, maison blanche, bonhomme de slush, chapelle saupoudrée, fermée, église aux murs plaqués, à peine ouverte. Puis, enfin, le chez moi temporaire: l'habitat bleu dans le bleu de ces fameux yeux bleus. Il n'y est pas, ce regard dont mon coeur est amoureux. Il n'y est jamais.
J'entre pour la première fois dans ce chez moi qui craque et qui scille au vent. Une chambre me choisit. On a toujours été nôtre. Le hublot et moi on s'regarde. On se reflète nos retrouvailles: le fleuve est violet; vous m'attendiez.

Et toi, l'Île qui me fait de l'oeil. Toi, qui de ton bleu n'y es jamais plus que l'autre mystère, qu'as-tu qui mérite d'être tant attendu? Qu'avez vous, mes amours inconnus, qui vaut la douleur du temps de l'éloignement ? Je le saurai. Un jour, nous cesserons de nous ignorer.

D'ici là, je vois la mère de ma mère sangloter à grandes secousses, je vois mon père se fatiguer, je vois mon frère grandir et s'aggravir. Ce sont des paysages mouvants que l'Artisan m'offre. Des vivances qui s'émeuvent et me mouvent. Elles sont en eux, les marées les plus surprenantes. Et je suis aimée d'eux, je suis aimée de cette Vie qui les anime et qui m'habite par leurs rires.

Lorsqu'ici je m'assoupis, je suis envahie de vies qui ne sont pas miennes. J'en ai chaud, c'est si beau que j'en tremble. J'ai la fièvre du sommeil. C'est sûrement la chambre; son plafond incliné m'envoie des lattes de rêves qu'il ne faut pas rêver. Du placard de cèdre émane de ces souhaits qui font mal à espérer. Et je me fais réveiller. Un enfant est debout près de mon lit, le visage penché il me regarde dormir douloureusement. J'ouvre mes bras, il se glisse dans mes draps et ce sont les minutes des plus précieuses de ma vie. La vraie vie. Il s'endort contre moi et me serre si fort que mon sang peine. Sa respiration se saccade. Des larmes de bonheur ruisselent dans ma pénombre et c'est le regard vers le plafond incliné que je remercie le Seigneur de tout mon coeur. Merci mon Dieu.

Les matins arrivent. La toux des autres à travers les murs, le bacon de mon père, la quiche de ma tante, le pain doré de ma cousine; toutes les effluves se battent contre le fleuve et ma fixation. Nue devant ma fenêtre grande ouverte, j'espère imprégner ce parfum qui m'enlève tous les mots du corps. Que dans chacune de mes pores s'infiltre une baie ! Que dans chacune de mes rides à venir se cache un marsouin ! Que dans chacun de mes cheveux on retrouve l'algue de nos amours ! Que dans chacun de mes mouvements on décèle du nordet ! Que de ma nuque on puisse admirer les voiles gonflées des marins solitaires ! Que mes courbes deviennent les flancs violents des monts protecteurs ! Que mon souffle chante la même langue que la vague contre la vague ! Que mes fossettes ruissellent de rire et nourrissent tous les oiseaux du Nord ! Que sous mes talons se cachent les glaces parfaites de l'hiver cruel !... Que je devienne ce qu'Il a fait de mieux ! 

J'ai de ces élans fondateurs, de ceux qui défrichent des Québecs à la mitaine. Je m'enlace à chacune des vieilles granges et tous les noms de rues me retiennent. C'est ici que je veux être. C'est ici que je me dois d'exister. 

Il a bien fait de ne pas venir, celui que j'aime. Car nous ne serions jamais repartis. À l'heure qu'il est on déboulerait probablement les Éboulements à pleine dents vers cedont je ne peux définitivement plus me passer. Il viendra m'y rejoindre un jour, dans un songe interdit, si je ne suis pas choisie. Il viendra m'y découvrir un jour. Tous les courants et tous ces airs de lui que je ne sais pas, ils me seront hérons connus. Et il viendra me regarder être, l'âme à grande allure, ce que je suis depuis les origines. Sans échouages ni éclaboussures, seulement mon souffle en vague et son écho en plénitude.  

lundi 28 novembre 2011

sacrifice

awesomepeoplereading
Ce matin, on a décidé de ne pas ouvrir la radio. À la place, j'ai attrapé le journal de quartier et je l'ai lu à haute-voix pendant que tu me demandais ce que tu sais déjà: lait? sucre? Ma bouche disait les mots, mais nos oreilles les écoutaient pas. Ça faisait juste changement. La cafetière italienne faisait un concours de boucane avec les rôties que tu fais brûler.

Tout l'avant-midi on avait beaucoup trop de choses à faire. L'université, le travail, le lavage, l'épicerie. Ça fait qu'on a rien fait. On a pris nos tasses-hibou, pis on les a remplies de thé à la citrouille. On a joué à piger des mots dans le dictionnaire et à s'en faire deviner la définition. On était vraiment poches.

On a réussi à se bouger le cul après que le trafic ait déjà commencé. On s'est habillés comme s'il faisait moins quarante. On a sué dans le métro jusqu'à la librairie qu'on aime. On a passé tout notre temps assis à terre à ouvrir et fermer des livres pour enfants avec plein de couleur. Quand on a rampé jusqu'à la section poésie, y avait pu de soleil et le libraire bâillait. On est parti sans rien acheter pis on lui a dit un gros gros merci. En chemin du retour, t'as voulu arrêter au club-vidéo, mais j'ai fait une crise poings et pieds au sol pour qu'on entre pas. Je suis tannée tannée tannée ! T'étais gêné de me voir crier sur le trottoir pour «rien», faque à place, on est rentrés chez Jean Coutu pis tu m'as acheté un calendrier de l'Avent. Sèche mes pleurs sèche mes pleurs.

Une fois la nuit, t'avais bin peur que je recommence à exploser, alors tu m'as laisser choisir le livre. J'ai dit LES livres. T'as dit ok. J'ai choisi un peu la Bible, un peu des contes de Perrault, un peu du livre avec juste les images de la Vierge, un peu de Perrault (pas le même que tantôt) pis pour que tu t'endormes, je t'ai achevé avec un peu de Platon. J'ai éteint la lampe laite, j'ai fait un signe de croix. Dans le noir, j'ai regardé tes côtes gonfler dégonfler gonfler dégonfler jusqu'à ce que j'oublie d'être réveillée.

On a passé une christie de belle journée.


mardi 22 novembre 2011

je devrais pas penser jusqu'à là

mon oncle antoine
claude jutra


une tôle de biscuits au beurre
une empotée entière de confiture
comme tu m'as confié en rêver aussi
devant des flocons de douceur


un hiver comme celui de la Marie à Alexis
celui 
qui à chaque première neige m'encabanera dans un temps passé
qui m'émouvera tellement qu'il m'empêchera de tisser


lacer les patins d'enfants à moi
moucher les nez d'enfants tannants
faire croire à la cocotte magique
cueillir un sapin à la hache
bricoler une crèche de carton
ou de pain d'épice


un peu de musique irlandaise
un bonhomme
une bonne femme
et des petits
avec des carottes en nez
qui saluent les passants
fiers d'être croches


j'aimerai pas plus l'hiver
il sera aussi cruel que celui de mon enfance
aussi sec que celui d'aujourd'hui
mais il y aura toujours un met fumant au four
un livre ouvert sur un coffre bleu
il y aura des crazy carpets enfouies qu'on ne retrouvera qu'à la grande fonte
il y aura le rose du printemps sur les joues des gamins


j'aimerai pas plus l'hiver que je l'ai jamais aimé
mais il y aura une petite saveur à cette buée qui s'échappera de mes mots
lorsque je crierai contre le froid
les enfants, venez manger !

mardi 8 novembre 2011

étourneaux tourtereaux

murmuration of starlings

la veille on avait jupiter dans face
tu m'as appris qu'y avait pas juste la grande ourse pis la petite ourse
que l'autre mini-ourse c'était pas la mini-ourse, mais des pléiades
pléiade
ça sonne vaste
ça sonne toi

et aujourd'hui
j'apprends le mot murmuration et j'entends ton visage dedans
tu sais, y a tous ces oiseaux qui veulent être vu filants dans nos yeux
y a tous ces oiseaux qui valsent en constellations
y a pas juste des lumières mortes dans le ciel
mon am mon am mon amour
y a des murmurations dans ce ciel qui est nôtre
celui qu'on sait pas encore trop où pis comment aller le fixer
tu sais, peut-être au dessus de l'Îles-aux-Coudres


lundi 31 octobre 2011

isis crisis

il les a toutes offertes, les cinq;
saint homme

mon ventre m'étripe d'aller me coucher d'arrêter d'arrêter de manger
des larmes qui peuvent pas se pleurer parce qu'elles ont déjà été coulées y a deux mois

l'impression que dieu m'a surestimée
j'ai le vieux cobain qui me remonte tout croche dans l'adolescence en retard
i'm only happy when i'm sad
pis quand t'as grandi c'est comme
i'm only sad when i'm happy
pis c'est comme pas mieux
retour à la case fucking départ

tsé quand tu devrais pas écrire
parce que tu fais juste râler tes vômillures de caprices d'impatience d'égoïsme pis d'malamour
mais qu'il y a comme une jouissance sale à pas prier pis à te décrasser la chialure
ostifie qu'ostifie

une vocation

jeudi 27 octobre 2011

j'ai le compostelle incertain mais c'est pas certain

mon père joue aux photos


on fait quoi des à l'envers dans le trou des yeux
d'un petit frère qui dit: on est vendredi demain
d'une petite voix qui dit: on est pas dimanche demain
on est pas dimanche demain
je ne te verrai pas demain

je fais l'attente en mille temps un mouvement
je fabricole des mots que j'invente pour toi en attendant en attendant d'être patiente
hier tout le temps je t'aurais sacré un bec sur la gueule
j'aurais déposé une gifle sur ta joue

ton listz et son piano amoureux nocturne
mon moi dans le bleu de la doudou aimant le jour
où tu pianotes ton mac ton école ta vie sans moi
devant moi
qui t'observe
être-toi devant moi-sans-toi

d'après moi le temps s'est oublié
j'sais pas
j'ai les autres en mal
les kilomètres en trop
d'après moi il y a la lumière d'avant moi
qui part d'en haut te traverse et me transperce

même mon manque est troué
mais le perforé a l'air d'un fleuri
quand tu passes tes doigts dans mes cheveux
quand tu chantes plus beau que les autres les mots de Dieu les plus beaux 
t'es beau

mercredi 19 octobre 2011

engeôlière

la prochaine fois je ferai un film sur toi
photo oct. 2011 / mon fleuve mon mien
amereureuse
amouraillée
amitiraillant
jaimj'ames

___


patience
patience
patience
un truck pis encore
patience
patience
un shitload pis d'autre
patience

pis peut-être
PEUT-ÊTRE
avec tous les "P" et les accents en chapeau du monde
PEUT-ÊTRE
que ça va finir par aboutir
dans une chapelle pleine d'amis chéris
dans deux poitrines qui s'explosent une dedans l'autre
dans je sais pas
dans un toujours de dans mes rêves
dans peut-être, Noémie, peut-être

dimanche 16 octobre 2011

Morena

oldchum
7h30, dimanche matin, c'est la petite madame qui louche qui boite qui parle toute seule qui m'ouvre la poste du presbytère. La clé semble peser plus lourd qu'elle au complet.

J'entre dans l'antre des murs vert hôpital et lilas. Ça sent le vieux l'humidité les produits nettoyants. Les bottes de pluie de ma mère, vraiment mais vraiment trop grandes pour moi, scouichent sur le plancher luisant.

J'emprunte le couloir dont les fenêtres donnent sur les ruines de l'ancien couvent. Il mène à l'église. L'organiste répète les morceaux qu'il jouera à la messe de 10h00. Il s'appelle monsieur Girard, mais je ne sais pas pourquoi je le sais. Lui, il ignore ma présence. Il arrête sec, il se force pas, il garoche les notes presqu'avec violence. Je l'entends maugréer contre son orgue. Ville patente... maudite affaire... restaurer... pas si cher... fait pitié... comment je suis supposé... maudite affaire... maudite affaire...

Les lumières sont éteintes, il y a seulement le vitrail qui sait qu'on est le matin. 

Je sors voir si la pluie a cessé, si je peux me déchausser de ce caoutchouc trop lourd. Et les carillons s'éveillent! À la grande indifférence des gens du quartier. Moi je fige, j'ai la colonne barrée par ce chant percutant. Les carillons! Bon matin. Finalement, il pleut encore.

Je retourne au presbytère, par le couloir de ruines, toujours. Je regarde pas par les fenêtres, le gros trou les pelles mécaniques les tiges de fer, ça me donne mal dans le creux. Je m'assois sur la chaise coussinée en cuirette orange. J'attends frère Michel. Je sais que derrière cette porte sérieuse, il y a un petit lit pour la sieste de monsieur le curé. Je sais que derrière ces autres fenêtres, il y a du chocolat au lait dans le premier tiroir du secrétaire. Je sais que dans le pot de fromage cottage, dans la bibliothèque, il y a les clés du sous-sol de l'église. 

Et je sais que sous la jaquette blanche du prêtre tout mouillé qui me salue du bout du corridor, il y a un homme que j'aime et qui m'aime. Il est 8h00 et j'ai jamais autant aimé la cuirette orange, les murs verts et l'orgue rouillé.




lundi 3 octobre 2011

à l'heure de pluie

oldchum

creuser dans les reste d'été
pour finir par trouver dégotter dénicher
un restant de boutte de chaud
moulé dans une paire de bras
qui vient avec un torse recto-verso
pas trop de queue
juste vraiment un boutte de restant chaud

pour passer l'hiver

à couvert
din couvertes

enlacés mêlés nichés
dans l'indénichable légèreté de l'être
dans l'indéniable closure de nos yeux
pis l'increyable amanchure de nos deux


samedi 24 septembre 2011

brad of july



So, this is the story of the cheeky little soldier (me) and the drunkest pirate on earth (brad). It can not be written in French. And my English sucks. That's about it.

I just came in this bar I've never been. I directly went to the bar, uncomfortable, with this friend that is not my friend. He offered me a beer and left on the dancefloor.
The man drinking just beside told me: "I think Flamenco is the most beautiful dance.  It's like watching fire." I laughed. I loved him already. He thought I was cute. He asked my name, didn't understand it at all, and told me he was Brad, you know, just like Angelina's one. I laughed again. He had one of the most adorable accent I've ever heard; He was from New Zealand.

We talked for hours.
The "friend" I came with left on his Harley.

Brad: I feel like the oldest man in this bar. A dinosaur...
Me: A dinosaur! Come on!
Brad: Oh wow, say it again.
Me: A dinosaur?!
Brad: Your accent is charming.
Me: You know Brad, you will not sleep with me unless you marry me.
Brad: You are so attractive with these words in your mouth.
Me: I was sure marriage was repulsive for men.
Brad: You are unreachable. I would live on a farm with you.

And I laughed.

I did my gentleman, because he was to drunk to play the role, and I walked him home. He asked me why I walked all this way if I was not going to have sex with him. "Do you think I'm cute ?" Of course, Brad. Smoke in the dark. Enjoy, because I will be gone soon.

Kissed him on the cheek good night. And no, I will not sleep on the couch, even if your cat is the nicest, my brave Brad. I pray for you desperate pirate I love.

dimanche 18 septembre 2011

andpdfedse

je passe mon temps à mourir tout le temps
ça faque
pour passer l'temps
j'moure pas trop longtemps

vendredi 16 septembre 2011

jeudi 15 septembre 2011

A


oldchum


se faire aimer, c'est devenir indigne

à cause de james

oldchum
j'ai commencé à avoir peur de mourir à 19 ans hier tantôt
des Je vous salue Marie sur des perles de bois qui ne m'appartiennent pas
pour calmer le venin dans mon bras gauche
    la coulée qui durcit ma poitrine
                                              mon respire
    les lances dans les deux coins sous le ventre

*

mardi 16 août 2011

Louis-Joseph

la bible de grand-papa   -by me
j'ai mal 
dans le ventre
de mon grand-père louis

grand-papa
merci de me l'avoir appris
le Notre Père

merci
qu'à chaque été
les premiers bleuets 
goûtent toi

et excuse-moi d'être née trop tard, 
d'avoir été trop jeune pour ton âge précieux,
et excuse-toi d'être mort pas assez vieux

fais-moi rire
met-mon doigt entre tes gencives sans dentier
fais-moi peur
agace-moi jusqu'à ce que j'en crève

et merci encore pour hier
dans ta Bible
d'avoir souligné ces passages qui m'ont sauvé la peau

les voisins d'en bas

lauren hussong

Il beuglait: AIME-MOI ! AIME-MOI ! AIME-MOI ! SERRE-MOI DANS TES BRAS ! A'OUEILLE ! »
Et elle de hurler : NOOOOOOOON !

Et des sanglots, un bref silence.

Puis, coup sourd. Le mur tremble un peu.
Et un cri de désespoir étouffé, provenant d'une gorge visiblement étranglée par les mains du mal-aimé.

Je suis figée, oreille contre mon plancher.
« Laisse-la, laisse-la respirer, je t'en supplie, arrête, arrête... »

Enfin, les poumons de la femme s'emplissent bruyamment.

Mes mains composent un 911 vraiment pas sûr de lui. Ma voix vraiment pas sûre d'elle rapporte quelque chose de vraiment pas clair du tout. Et je reprends mon poste, la joue collée au parquet. Surtout, bouger sans que mon plancher craque. Que personne ne sache que je suis éveillée.

Des mains contre des joues montent jusqu'à moi, je perçois des pleurs de panique, le mur tremble encore. J'imagine le corps de la femme projeté d'un bord et de l'autre de la chambre, je ne pourrai pas tenir longtemps. Dépêchez-vous, bâtard ! Le bois franc se mouille, je pleure, je tremble.

Des grands coups. Ça y est, il va la tuer.
« POLICE ! OUVREZ IMMÉDIATEMENT ! »
Des grands coups dans mon estomac.

Je n'entends plus rien.

Quelques voix d'hommes.

Les gyrophares quittent la rue.

Ils ont laissé l'homme dans la chambre sous la mienne, ils ont emmené la femme au cou probablement bleu foncé. Lui, il semble détruire l'appartement au complet. Après une heure, il quitte. Où va-t-il ?

Moi je ne dors pas.
Je ne dormirai pas.

Et à l'aube, je dévale les trois étages, je dépose deux médailles de la vierge dans la boîte au lettres de l'appartement huit et je sacre mon camp du bloc pour la journée.

mercredi 10 août 2011

comment va bill ?

oldchum
you should have been THERE
où vas-tu mon âme
quand je te chasse dehors ?
où te terres-tu
quand je fais ces choses hors de moi ?
où erres-tu
en attendant que je te supplie à genoux de revenir m'habiter ?

es-tu juste-là, à côté de moi, désolée de voir ma bouche s'ouvrir et cracher le venin du vide ?
me frôles-tu, espérant que je te saisisse, entre deux rires entre deux blasphèmes ?
danses-tu tristement, au son de mes gestes funèbres, vigoureux et attirants ?
es-tu aussi belle sans mon corps ? l'es-tu davantage...

jeudi 4 août 2011

jonathan

concourir comme une conne droit vers ce qui fait mal
foncer pointu sur ce qui fesse
beugler au meurtre foutu meurtre

mardi 2 août 2011

joséphine et tous les autres

the end -jay caroll

ta voix bâtie d'écho
au contact de la vastitude
   écho contre écho
s'amplifie sans s'éteindre
le branchage de ta gorge se casse et rompt mes oreilles

autochtone
géant
à la parole de lichen
rase-nous de ta terre je t'en conjure

samedi 23 juillet 2011

perle

et il m'a dit:

je te donnerai du lustre, mais attention ma perlée, attention !
n'éclabousse pas à tous vents ta splendeur
prends bien garde aux mains innocentes mais gercées qui essaieront de t'égratigner.

brille, puis faufile-toi
entre leurs doigts
ne laisse pas même un cheveu
comme un souvenir vague d'un rêve d'un ange

ce serait te donner
que de t'abandonner à eux
garde-toi précieusement, ma perle chérie
si tu savais ta valeur!
tu vaux ce que tu es,
sois-le!

ne te laisse pas charmer par les galets
oui, ils sont beaux et droits;
je les ai fait
mais par trop de compassion
tu terniras comme eux
et ma vague ne t'emportera plus le temps venu

c'est promesse faite:
je te donnerai tout l'éclat de la flore
toute la douceur des ailés
et on te désirera sans fin
tu n'as qu'à demeurer toute petite
telle que je t'ai faite
aimable
blanche

ta place t'attend déjà dans ce bijou céleste,
ma petite perle précieuse tant aimée...

mercredi 13 juillet 2011

fleet

ton nom qui se dit d'un trait
le même trait que l'on boit d'un trait
et le même trait avec lequel on raye quelqu'un de sa vie
ton non qui s'est entendu d'un trait

mercredi 29 juin 2011

c'est pas si pire finalement

magazine 43


à la chapelle il y a une sculpture en bois de la sainte vierge
bien simple
bien belle
elle a les pieds rouges
une femme les a embrassés
ils sont rosis de rouge à lèvres
si c'est pas de la prière ça

à la fruiterie il y a un comptoir réfrigéré pour les fromage et le yaourt
bien ordinaire
bien bien ordinaire
il y a un déficient intellectuel qui place les fruits dans les étalages quatre jours semaine
(je l'aime)
et il cache son tupperware avec son sandwich dedans derrière les fromages dans le comptoir réfrigéré
si c'est pas fondant ça

sans faire essiprès

je niaise pas

c'était accidentel, vraiment
j'avais pas prévu tout prévoir
jusqu'à la lune de miel
jusqu'au moindre gîte
  saison inventée
  odeurs imaginées
  j'ai même entendu la balançoire et le couchant craquer

j'ai pas voulu tout fabuler
jusqu'à sous la couette
jusqu'à la peau goûtée
  timidité neuve
  faussettes sacrées
  pis quoi encore
se découvrir! ah...

juré que c'est par inadvertance
que j'ai inventé des moments du jour
  des lunes des soleils
  des grappes de fleurs nouvelles
  des nappes, des dentelles, des rideaux, des chants d'oiseaux auxquels on a jamais pensé

ça s'est fait tout seul
j'étais juste là, alitée à lire mon livre sans le lire
quand j'ai réalisé que j'avais du petrichor dans le nez, partout
oups, j'étais belle et bien      loin
dans le temps, dans le millage

nous étions ensemble,
vétérans des doutes,
des vrais faisceaux amoureux
batêche que c'était simple

dimanche 26 juin 2011

mouroir mille

chez hibou
noémieb
prisionnière de mes départs
muette et paralysée par le défilement sous moi de ce que j'aime hors de moi
que faire de la violence du désir de m'ancrer là, juste là, dans la nuit mouillée de ma terre?
que faire de la radicalité de ma soif d'immobilité, ici, juste ici, campée dans mes racines de mer?

je t'aime de tout mon soul, de tout mon long, j'ignore comment m'épandre plus large
il me semble déjà avoir avalé notre saint-laurent dix fois en caresses et en accolades d'à-dieu
ô fleuve qui me ceind le souffle

t'aurais pu viser plus bas, ma panse, mes couilles, pas mon coeur.
que dis-je, fais-je résistance?
OUI MAIS SEIGNEUR
je suis même plus des lambeaux`; des grumeaux

j'ai le motton au coton

moi, ton tout petit flot de mer, barouetté et fracassé,
de tous mes bords dans ton côté

que veux-tu, c'est ça la poésie
triste-enragée
de la 20 vers Montréal
des maudits cônes, des panneaux, jamais d'orignaux
Dieu, Bête lumineuse plus lumineuse par ton absence
même pas de panneau pour toi
allume-moi donc
je suis sciée, là
je ne peux rien faire
je soupire tu assez fort pour t'émouvoir?
je peux faire mieux Dieu
mon arrogance...
mon arrogance...
pourquoi ce qui me complète m'est interdit? voilà c'est dit.
c'est dur Seigneur.
aide-moi d'amour.
svp

juin

un soleil se couche les autres se lèvent
noémieb
22 juin 2011

matin de semaine au gingembre
au coeur ensoleillé d'un nouveau quartier
les gens sont les mêmes
  mêmes ancrages
  mêmes ombres
  sous le même soleil
  saouls pareil

il faut arrêter de penser que nous ne sommes pas un produit du passé;
un fruit sans arbre!
voyons!
franchement!

il y a plus de grâce dans cet homme sale à genoux dans son jardin
dans son entêtement
que dans toutes les soies tous les cuirs
de ces robes de ces sandales de ces dames

il y a plus d'amour en moi qui l'observe
en attendant
que dans toutes ces dames
grand grand désarroi

dimanche 19 juin 2011

dimanche du mois de mai

saint-joseph
au couvent des dominicains de québec
- noémie b

Écrit au SoupeSoup, lors d'un dimanche-soleil.
__

Il fait beau la beauté!
«Dominicalement vôtre», qu'elle me dit en s'inclinant
sur le front d'un enfant boudant joli devant l'interdit de se déchausser.
 
Ah qu'il fait beau ta beauté belle beauté!
Sans soleil sans pluie
pas de ces futileries, mais plutôt
ce petit rire coquin devant les 'concucsion',
les grands trous de garnotte se remplissant de joie de gamins à la sandale légère,
le feutré de l'air et les cloches de l'église dont je dois m'abstenir encore un peu.

Une ode à la plus belle ode 
amenez le pain le vin la soupe
et joie!
célébrons la belle beauté calme et droite comme celui que j'aime.

mardi 17 mai 2011

le ver et le fruit et le sillage et

j'ai la peur de l'oiseau aveugle
qui n'ose nager, n'ose chanter
é pou van tée
c't'é pou vent able
craignant la cognerie      l'unique coup-de-vent qui m'éplumerait
d'un-coup-sec      d'un-coup-nue   sans toi

donc
je fais la nue-noyée qui flotte
dériiiiiiiiiive
l'air bien, l'air de ne pas respirer
mais tellement essoufflée     palpitée      tellement-pas-morte

ton silence
amour

tu m'empétrine     me piétine     pétrin souriant

jeudi 5 mai 2011

rêve soyeux du sommeil de ce matin

oldchum
l'église était pleine de ceux qu'on voulait
t'étais en gris et noir et moi en noir
on célébrait le deuil de nous séparés
vierges pour la naissance de nous unis

je pense que maman pleurait cachée
j'étais excitée, toute mêlée,
toi calme, droit, certain
nos trois amis en blanc m'émouvait autant que toi à genoux
je le jure

les draps bénis
la sainte hostie
frère michel
le velour sous les anneaux
oui, le vouloir
et nous pouvions s'embrasser les mariés

mes yeux te pleurent dessus
on a les même maintenant
je t'appartiens
je suis mon don le plus total
je ne t'ai pas préparé de poème et tant pis pour le buffet
on fait des enfants

mercredi 13 avril 2011

brassard

quand je me parle toute seule
je m'appelle
ma grande
pour t'avoir en écho
papa

ton portrait décolle du mur
ton portrait prend vie dans mon miroir
on vieillit papa

samedi 9 avril 2011

ressoudre

soudure en voiture
c'était pas une bonne idée
de recommencer à t'avoir dans l'idée
tu manques au jour t'as pas idée
t'es fixe fixe idée fixe

fumions sous le soleil
la chaleur soudait un nous
er'sou donc

viens
viens ici s'il te plaît
que nos coeurs se connaissent enfin de près
qu'ils se rosissent et se cachent un peu l'un derrière l'autre
en jouant au un
puis se découvrent et fondent
un
silences rassasiés sans savoir
viens donc
qu'on se laisse fumer qu'on se laisse souder

j'ai du mal à lacer mes idées
mon imagination sans laisse et moi sans fouet pour la ramener
tout mon frivole s'envole vers toi bien haut

difficile des fois

microplexes - urbagram

montréal grand comme ma main
qui serre mon poing
pis qui j'te garoche tellement loin
loin comme tu m'éloignes des miens
mes semblables
montréal trou du fin fond tu trou du bout
du mange-moi pas tout rond
tu m'éloignes d'eux
pis pire
tu m'éloignes d'où je nais vraiment
je n'es vraiment pas ici
aide-moi montréal aide-toi
svp svp

dieu !
orfèvre de mon âme
aimer ma solitude
forge moi creux loin
loin loin comme moi pis moi
pis creux creux comme montréal
pis bientôt moi
svp svp svp
sauve-moi

vendredi 8 avril 2011

mon innocence

brandon pavan
mon innocence
où t'ai-je échappée
j'ai fouillé l'entier gazon
soulevé la courte-pointe
secoué le jaune la valise et le violet
où as-tu glissé

bague en faisceau à mon doigt
boucles offertes
un cou serré noir brillant
où t'es-tu sauvée
mon innocence

et ce toupet qui a quitté mon front sans les ailes sans mon oui
et ce plomb qui s'est échappé de mon crayon et les cartes 52 ramasse
et ces draps par terre
tonka et balançoires été et automne
mon innocence
en champignon précieux perdu perdu

lundi 4 avril 2011

au gré du pouls

The bathing girl - Leon Spilliaert

ton nid creux comme un cou
chaud comme un doux
collée dans ton encolure
mes ailes crépitent calmes
sous ton oreille ma cabane
petit duvet pour mon bec
tout blond pour mes yeux clos
je crépite pit pit
image tirée du film Félix Leclerc troubadour / l'homme dans son bureau


il me reste un rêve de terre
une seule petite chimère de poussière

un atelier
un fond de grenier
pour m'illuminer
murs isolés de création
poèmes et fenêtres
livres et papeterie
vues et vue
un crucifix bien sûr et tous les tableaux tous les brouillons
les découpures classées et des aurores accumulées

il ne me reste qu'un souhait pour ici bas

des chandelles qui ne sentent rien sauf l'allumette soufflée
une interdiction d'entrer
des vocalises, beaucoup de raté raturé
du bois touché
de la prière non sans larmes

je veux un atelier
isolé
un bout de fond de pays quelque part
qui sert à être et à arrêter de ne pas croire

un jour

dimanche 3 avril 2011

doudou

Allyson Mellberg


un mouvement qui m’émeut
pourquoi?
ta face vieille comme moi
je te connais depuis la couette blanche
et la tapisserie ribambelle de mon aylmer
imbibée de mes premiers heurts
ta peluche a tout vu
ce soir je te serre fort fort
je veux respirer de toi mon air d’enfance
je te l’ai confié
où est-il dans ton fleuri?
coutures recousues, étiquette coupée, ponpon arraché
t’es un vétéran mon doudou
t’es à pleurer avec ta gueule de pirate 
rose
je t’ai usé de nuits
au jour d’aujourd’hui
t’as jamais été aussi vieux et laid
c’est fou comme on se ressemble 

jeudi 24 mars 2011

les autres

Raul Oprea - Saddo 02
Comment peux-tu dire à ton frère : «Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil», toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.   -- Saint-Luc 6, 39-42

vos regards plein de paille
foutent le feu aux flammes
j'ai la poutre aux yeux

mercredi 16 mars 2011

Paysannages

Y a pas de plus beau gris que le tien
québec
tu es ta plus fidèle ode
québec

Je ne sais plus qui s'enracine au creux de qui
pays et moi

Tu es ma plus mienne chaumière
mon plus intime bord du fleuve bord du feu
québec la coquille sur mon sac

Tu es le plus sublime des mariages
l'érable à la robe de neige
à la traîne de vent fort
aux pas de givre glacés dur
québec oui je le veux!

Veuve à chaque fois que tu me laisses te quitter
Retiens-moi donc parfois

samedi 12 mars 2011

terreux

klimt - les trois âges de la femme


j'en fais un plat
une soupe de papier             tes mots
d'amour
je t'aime

les bourdons engoudron mon thorax
je t'avalerais tu les calmerais
tu n'existerais pas
ailleurs que dans moi                  je te contiendrai

t'interférences       tout       tu tannes
tannant!
tu m'in confort e

plus je me suis
moi
plus je te suis
toi
           et moi

jeudi 10 mars 2011

slocheux

le mc donald des plus jamais
plus jamais de mc donald
une dernière mark ten
la moindre mais pas la dernière

c'est dérangeant la vitesse avec laquelle tu avances sur la glace de trottoir
et les bras pleins tu chantes
je mâche mon cigare gare à nous tu me fâches

dimanche 6 mars 2011

émotions en nuages d'émotions

oldchum
la poitrine gadoue
et obliques sourcils
je souris et le motton me dépasse la gorge 
pis j'avale ma tête au complet pour pas larmer

bye bye je bouche ma boue
sinon je serais un si qui bouffe pas les rais
je serais une flaque dans le hall
et ma famille qui repart sans fille

bon voyage
soyez prudents
pis toute
pis toute
pis aouch dans l'ascenseur le coeur resté bas creux
le coeur en tartare quelque part

le frigo plein de leur passage
l'odeur pleine d'eux partis
ils ont étiré mon nid
et je le trouve tout grand et seul dans la grande ville

on fait quoi sans maman sans papa sans alex pis sans soi
comme si ma peine contenue dans mes joues
ne voulait pas fleuver entre mes cils
comme si j'avais oublié ne de pas oublier
ils sont partis et moi pas


jeudi 3 mars 2011

montréal matin

old-chum
montréal matin
le dimanche seulement
tu te réveilles
tu te fais un café
tu le bois
pour mieux te recoucher

t'es belle montréal matin
vide et propre

les rares voitures qui passent sur la pointe des pieds
ne sont pas celles des réveillés
mais des pas couchés de la veille

montréal dimanche matin t'es juste à moi pis je t'aime demême

vendredi 21 janvier 2011

boréale


Tout cet amour qu'il me manque
de ne pas m'aimer

Ma solitude se terre de moi
loin
à deux ou trois pieds de moi
plus trois ou quatre pouces
et facilement cinq corps encore

Ce soir je sais qu'il y a des hirondelles
aux queues carrées
que la bête lumineuse
rend homme les hommes

Moi et mon âme
le lièvre et son pelage

Mon épinette de volonté sèche
se consume
et me meurt en poussière
sans même m'étinceler
un peu

Il n'y a pas de bouleaux la nuit

Ma solitude
peut-être te trouverai-je
sous les racines de sous le ciel
ici

jeudi 13 janvier 2011

janvières poésies



janvier nu, tu me petites
janvier, essaie!
neiges donc sur ton sentier de neige

hiver de frayeur tout sec tout saignant
l’arrogance de ton herbe me gadoue
où es-tu blanc transperçant ?

L'amour, la guerre, c'toutes des questions trop grandes pour moé.

Zachary Rossman


Nos ravins de bouches
des baisers en tranchées
caresses mitraillées

Tu me dépèces doucement
   ennemi involontaire
on se susurre nos plus belles abominations

Tu me pénètres canon
canon je t'englobe

C'est la fusion totale de nos séparations en collision
notre sillon de fossé se creuse
à notre explosion

Ta respiration siffle en balles

Ce que je t'ai offert ne m'appartient pas
c'est la guerre
   c'est la guerre
nos cadavres me font pitié à me tuer

Je brandis le drapeau sanglant
je veux t'aimer